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Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 08:40

  

Queiques remarques

 

La scène correspond à l'évangile selon Luc ch. 24, versets 13 à 15 et 28 à 35


Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas....

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Alors ils se dirent l’un à l’autre : « Notre coeur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? » A l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « C’est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » A leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment ils l’avaient reconnu quand il avait rompu le pain.

Lla traduction iconographique de la reconnaissance du Christ ressuscité par  les disciples prend la forme de REGARDER opposer à voir VOIR c'est à dire reconnaître.

            La  relation à la dernière Cène et à l'eucharistie est imortante, elle se traduit par les gestes du Christ,  bénir, rompre, élever,tendre le pain  et par son regard, les yeux levés au ciel s'imposent souvent dans un contexte de  sacerdotalisation. Mais les représentations sont très variées, de la communion eucharistique à la scène de genre.

             Les disciples sont traditionnellement vus comme des pèlerins, d'où des signes distinctifs souvent liés au pélerinage de St Jacques

 

Jésus se donne à voir, comment identifier le Christ ?  

 

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  LE CARAVAGE 

 

 

Cette oeuvre éxécutée à Rome en 1601, Huile et oeuf sur toile 141 x 196.2 cm.
Londres, National Gallery

 

XR au visage et à l'âge non conventionnel, « Mc 16,12 « il se manifeste sous une forme différente »
Il est seulement ambigu. La mollesse des traits le situe hors de la distinction masculin-féminin qui nous est si chère, plutôt dans l'idée de l'androgénie divine. L'absence de la barbe traditionnelle, jointe à des bajoues, le met hors de la distinction entre vieillesse et jeunesse, sans lui donner le caractère que nous attribuons généralement au jeune homme, l'énergie vitale. Christ ambigu et, pour des chrétiens habitués à un certaine image du Sauveur, à des signes d'identification, c'est un Christ non reconnaissable.
Une représentation qui a choqué ou ému ses contemporains, troublés par cette proximité du divin et de l'humain.

 

 

  Le Caravage choisit le moment où tout bascule

La stupéfaction se lit sur les visages et dans les attitudes des pèlerins et de l'aubergiste, venu les rejoindre. Sous l'effet de la surprise, l'un des disciples empoigne son fauteuil, l'autre écarte les bras, le réalisme est tellement saisissant que le spectateur a l'impression de participer à la scène.

Quelle reconnaissance ? Le cabaretier, lui, fixe Jésus et ne voit rien d'autre qu'un hôte de passage

L'ombre de l'aubergiste est sur le mur, juste  derrière le Christ , comme s'il prenant les ombres sur lui, signe de rédemption ?  

 

 

 

La Cène eucharistique est associée à la croix des bras du disciple de droite, par l’intermédiaire d’un raccourci accusé, le Caravage parvient à relier plastiquement la Crucifixion et la Cène à Emmaüs.

 

 

 

Reconnaître le ressuscité est plus facile chez d'autres

 

Ce tableau de Cavarozzi 1590 1625 est une copie du Caravage pour les poses, mais il choisit un Christ sortant du tombeau   1 D cavarozzi

 

 

Celui de Girardet 1853-1907 crée une lumière divine

 

1-E--Eugene-GIRARDET-1853---1907.jpg


Mais chez Zurbaran 1598 1664 le Christ est un pèlerin comme les autres, seuls les yeux de la foi le reconnaissent

1-F--francisco-de-zurbaran-supper-at-emmaus.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le regard de la foi 

 

 

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REMBRANDT 

 

Jésus à Emmaus 1628 Jacquemart André

 

OEuvre de jeunesse avec mouvements et clair obscur


C’est une révélation, un moment où la vérité éclate. Cela se montre par la stupeur des pélerins, leurs yeux écarquillés, leurs poses à la renverse, leurs mains levées en incrédulité ou en défense contre ce mystère;
l’agitation de la scène y contribue, verre vacillant, couteau basculant, chaise renversée. Ici, un seul des pélerins est vraiment dans la scène,  en pleine lumière, tout effaré.
Où est l’autre ? En regardant bien, on le voit, déjà touché par la grâce, agenouillé aux pieds de Jésus, perdu dans l’ombre.

La lumière vient de derrière le Christ, qui n’apparaît presque qu’en silhouette; le mur en devient éclairant, comme une explosion. Et il y a cet étrange nuage blanc mousseux dans l’angle derrière le bras gauche du pélerin, inexplicable.


Rembrandt_Pelerins_Avant.jpg             Rembrandt_Pelerins_Apres.jpg

  Le Christ se révélant aux pèlerins d'Emmaüs 1648 huile sur bois 68x65 Musée du Louvre

Cette oruvre vient d'être retaurée, à gauche avant restauration, à droite après restauration

 

Une scène qui s'inscrit dans un espace clos mais vaste, ouverture vers le ciel.

 

c'est le tout début du repas, la table est vide. Il rompt le pain…une clarté irréelle nimbe son visage, tandis que sur la gauche, une lumière tombant d’une fenêtre invisible éclaire sur la table la nappe blanche qui rappelle le suaire, le linceul de Jésus crucifié, retrouvé posé au troisième jour près du tombeau vide…

 

  Le Christ est éclairé mais rayonne, il partage le pain sur nappe d'autel Sa figure livide, douloureuse, d’un réalisme poignant, rappelle qu’il vient de triompher de souffrances inexprimables et de la mort, évoquée par certains détails symboliques comme le verre vide retourné à sa droite, et  le crâne brisé d’un agneau, symbole de la mort de « l’Agneau de Dieu », présenté sur le plat à sa gauche.

 

Les disciples sont opposés : à Droite, la surprise, l'incrédulité encore qui se manifeste par tout le corps

à Gauche, la reconnaissance par le foi, il se met en prière. Au fond le serviteur, regarde et ne voit rien. 

  La réalité est cachée à celui qui n'a pas la foi, lecture protestante ?

 

Le contraste entre l’évanescence de l’auréole sur l’ombre verdâtre de la niche du fond  et la lumière naturelle qui s’attarde sur les visages, les objets, creusant un clair-obscur avec les tonalités dominantes d’un brun sombre, crée cet instant indéfinissable, et comme suspendu, où la scène représentée va basculer de l’humain au divin.

 

 

  Les disciples

 

5-Diego-VELASQUEZ---1620.jpg

 

 VELASQUEZ  Repas à Emmaus MET New York (123.2 x 132.7 cm) Huile sur toile 1622


  On retrouve le Caravage avec sa rhétorique théâtrale, les  bras écartés et la lumière crue

 

 Que regardent les personnages ? 

Les disciples ne regardent pas Jésus , l'écoutent ils ? A t il disparu ?

Dans leurs  yeux le contact avec la transcendance ne s’avère pas immédiat.  

 Les personnages posent une question  douloureuse  en cherchant des réponses au fond d’eux-mêmes.

 

 

Le Christ est résolument décentré, avec une lumière de face, un  visage en mi pénombre, une légère auréole

Les disciples sont des figures populaires selon sacralisation du quotidien

6-velasquez.jpg

 

 La Mulâtresse National Gallery de Dublin 1616-19

 

Tableau nettoyé en 1933 laisse voir disciples Emmaus, il a été coupé et on a supprimé un disciple et un fourneau (connu par la description d'un contemporain)

  Le sujet est rejeté à arrière plan, on retrouve la sacralisation du quotidien. 

Les disciples ont été aveuglés, ils sont devenus insensible au divin, à cause de l'amour des biens terrestres

le spectateur peut s'identifier à cette conversion des disciples et retrouver Dieu dans le quotidien, selon le mot de Thérèse d'Avila  « Dieu est aussi présent parmi les casseroles »

Faut il aller jusqu'à econnaître Dieu à travers ce « sujet fort ridicule et drôle », une servante, une esclave?  

 

Rencontrer Dieu dans le quotidien ou Comment incarner cette scène : ?

 

  En la situant dans la vie quotidienne des hommes ?  mais s'ils regardent , voient-ils ?

                                                                                                            Jordaens 1593 1678  

                 10-Jacob-JORDAENS.jpg

 

En mélangeant scène profane et allusion religieuse, en sacralisant le quotidien frères Le Nain + 1648 Louis ou Antoine Le Nain Repas de paysans 1642 97x122 Louvre


12-les-freres-LE-NAIN----.-1645.jpg    13 Louis Le Nain 001

 

  En actualisant les participants Augustin Lhermitte 1844 1925

11-lhermitte1892.jpg

  En mèlant le sacré et le profane (bouteille de vin)  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arcabas né 1926 

 

14-arcabas03.jpg

 

 

 

 

Par artbiblique
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