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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 09:02

Les artistes ont diversement découpé le récit de telle sorte que l'on peut distinguer des représentations de la Descente de croix, de la Déposition, de la Déploration (parfois réduite à deux personnages, la Vierge et le Christ, dans les Vierges de Pitié, et de la Mise au tombeau. Le Christ est allongé sur son linceul que tiennent Nicodème (aux pieds) et Joseph d'Arimathie (à la tête du Christ). La Vierge, saint Jean et une ou plusieurs saintes femmes, parfois des soldats, assistent à la scène ou y participent. Les nombreuses Mise au tombeau , sculptées conservées dans les églises sont souvent désignées par le nom de « Saint-Sépulcre » ou simplement le « Sépulcre »

DESCENTE DE CROIX

Descente de Croix, Pierre Paul Rubens 1616, chapelle des Capucins de Lille

Les diagonales, définies par le linceul et autour desquelles s'enroule l'ellipse, sont inversées en un voluptueux déchaînement

Une œuvre baroque avec un clair-obscur caravagesque, elle montre le corps livide d'un cadavre au milieu d’une foule vivante.

On reconnaît Nicodème et Joseph d'Arimathie, tous deux membres du Sanhédrin deux notables devenus disciples de Jésus, détachant de la croix, avec l'aide d'un serviteur musclé, le corps du Christ que soutient Jean. Au pied de la croix se trouvent les trois Marie éplorées : la Vierge, Marie-Madeleine et Marie-Cléophas,

Tout en bas du tableau, la bassine de cuivre, la couronne d'épines, le périzonium tâché de sang, l'éponge et les clous forment une nature morte d'une grande délicatesse.

Une ellipse passe par la robe violine de Marie-Madeleine, son bras, le torse de Jean, le linceul entourant le bassin du Christ, la main de Nicodème, le corps du serviteur, la traverse de la croix, ligne qui redescend selon la diagonale marquée par le bras de Joseph et le linceul déployé, diagonale s'achevant par le bas de l'échelle accolé à la bassine.

La déposition ; SCHEDONI, Bartolomeo ;1613, huile sur toile, Galleria Nazionale, Parma

Tableau maniériste où la douleur, l’interrogation, la foi… s’expriment par le jeu des mains.

Les couleurs de la vie et la lumière de la vie, blancheur du linceul qui annonce la résurrection, les herbes vivantes. Le ciel noir de la mort selon les évangiles synoptiques

La déposition, BÖCKLIN, Arnold (+ 1901 Suisse célèbre pour l’île des morts) ; 1871-74, tempera and coloured varnish on panel, 160 x 250 cm ; Nationalgalerie, Berlin
Ruptures nombreuses : art préraphaélite ou Nazareen, mise en scène théâtrale
codes des personnages : groupes éclatés, jean avec Marie Mad, Marie vieille
code du Christ : posé à terre, cadavre par rapport aux autres, yeux ouverts

Couleurs froides, lumière diffuse

Des personnages en couples , qui ne forment pas une scène sauf par les sentiments, Jésus est le centre de ces sentiments

Jean console Marie Madeleine très théâtrale, au lieu de Marie ; Joseph et Nicodème face à face, Marie face à Dieu et à nous, douleur moderne

Pietà, Giovanni Bellini –. 1471-1474. huile sur panneau, 106 x 84 cm. Pinacoteca Vaticana, Vatican

Ce tableau se trouvait sans doute au dessus d’un Couronnement de la Vierge, dont il constituait une cimaise

Il est construit autour de l’huile : celle qui oint (Christ = oint de Dieu) et celui qui reçoit l'onction, Marie Madeleine lui a donné du temps de son vivant, elle le fait sur le corps mort. Ne pas oublier que l’huile est ce qui permet d’éclairer les lampes de l’époque, elle est donc lumière

PIETÀ

La Pietà, ou Vierge de Pitié, est un thème artistique en sculpture et peinture chrétienne représentant la Vierge Marie en Mater dolorosa, une mère pleurant son enfant qu'elle tient sur ses genoux

Bellini La madone del prato 1465

Pietà ; Michel-Ange, 1499 Statue de Marbre, 174 X 195 Basilique Saint-Pierre, Vatican

C’est une commande datant de 1497 du cardinal français ambassadeur de France auprès du pape. Elle était destinée à la chapelle des rois de France, Sainte Pétronille de l’ancienne basilique Saint-Pierre.

Le visage de la Vierge est resté jeune, comme préservé du temps et sa tête se penche légèrement sur le corps sans vie de son fils couché sur ses genoux.

Le corps du Christ mort montre à la perfection l'état des muscles, des veines et des nerfs.

Vasari parle de "beauté divine", nous sommes ici moins dans un face à face avec la douleur, que dans l'absolue beauté qui est la conséquence du salut.

Pietà, Rosso Fiorentino 1537-1540 Huile sur bois transférée sur toile, 125 x 159 cm Musée du Louvre, Paris

L’espace est supprimé, Des couleurs qui hurlent, comme les personnages par la douleur, c’est Marie qui est crucifiée par la douleur

Sorte de gloire de la mort qui annonce la résurrection


MISE AU TOMBEAU

Mise au tombeau du Christ, WEYDEN, Rogier van der ;1450,huile sur bois, 110 x 96 cm, Galleria degli Uffizi, Florence

Le tombeau caverne rappelle celui de Lazare
C’est une pure transposition de la crucifixion selon Jean

La Mise au tombeau Le Caravage 1602-1603 ; Huile sur toile, 300 cm x 203 cm ; ROME, Pinacothèque Vaticane
En 1797, la toile fut emportée à Paris avec les prises de guerre de Bonaparte. Restituée en 1815,

Une dalle de pierre semble faire le lien entre le drame qui se joue et nous.

Jésus mort est porté par deux hommes, il est en partie enveloppé dans un linceul qui dessine une courbe arrondie dont les plis complexes font penser à un ensevelissement pressé.

Le premier homme le soutient Sa main droite repose sur le ventre du mort.

Le deuxième homme est d’âge mûr, Joseph n’est pas l’homme riche d’Arimathie dont parle Matthieu, mais représenté ici comme un homme de basse condition, un ouvrier, quelqu’un qui est là pour servir et aider à déposer le corps dans le tombeau. il se tourne vers le spectateur et semble le prendre à témoin.

Groupe de trois femmes. Une vêtue de blanc et de bleu, une femme, d’un âge certain, étend les bras : seules ses mains sont visibles. Les deux autres femmes, malgré leur attitude différente, sont unies, par leur vêtement, par leur douleur

Le tombeau n’est pas dessous la pierre, On distingue dans le fond gauche de la toile l’ouverture d’une tombe creusée dans le rocher.

Le groupe se tient donc sur la pierre qui fermera ce sépulcre, mais qui ne peut être roulée.

La nature est présente : deux plantes vertes, un figuier étend ses branches dans le fond de la toile, en haut à droite.

Opposition très nette entre la richesse des couleurs et la variété des étoffes et la clarté et la nudité du corps de Jésus.

La lumière inonde surtout le corps du Christ. Le Vivant est mort, mais le Caravage fait ruisseler la lumière sur ce corps. C’est lui et son linceul qui irradient alors que l’univers est dans la nuit.

La douleur, la peine, la souffrance sont bien présentes. Mais elles sont comme colorées par un sentiment de paix que nous retrouvons sur le visage de Marie et de Marie-Madeleine.

« Ce devrait être de la désespérance. C’est l’heure de la peine. C’est l’heure de la certitude. C’est l’heure où l’humanité, rassemblée autour de son Sauveur mort, forme avec lui, de ses mains et de ses visages, le cœur et les rayons d’une immense roue qui pourrait tourner et l’entraîner toute vers l’abîme, mais demeure au contraire immobile et exprime, non sans douleur, non sans une immense douleur, mais avec majesté, la certitude que l’absurdité du monde est vaincue » Dominique Ponnau

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 10:30

LES ACTEURS ET  SPECTATEURS selon l’évangile de JEAN

 


david.jpg

 

 

CrucifixionDAVID, Gerard,  c. 1515, Oil on oak, 141 x 100 cm
Staatliche Museen, Berlin

«  près de la croix , se tenaient debout sa mère, la sœur de sa mère, Marie femme de Clopas et Marie de Magdala » Jean 19, 25

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MARIE et  JEAN

« Voyant ainsi sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait , Jésus dit à sa mère : « Femme voici ton fils » il dit ensuite au disciple : « Voici ta mère » Jean 19, 26carpioni XR vivant.jpg

 

CrucifixionGiulio Carpioni c. 1648 Oil on canvas, 205 x 131 cm Gallerie dell'Accademia, Venice
 le XR est vivant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie et Jean devant Jésus mortBartolomeo_Cesi_Crucifixión_Certosa.jpg

 

 

 

Bartolomeo  CESI  (Bologne , 1556 - Bologne , 1629 )
Christ en croix avec la Vierge, saint Jean et sainte Marie-Madeleine
Huile sur toile 280 x 176 cm

trois attitudes de prières selon les personnages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Crucifixion of Jesus, Hendrick ter Brugghen 1625 oil on canvas154.9 cm × 102.2 cm The Metropolitan Museum of Art, New York City  

Ce tableau a été peint par un peintre protestant pour une église catholique. L’opposition entre l’inhumanité du cadavre et la dimension spirituelle de Jean et Marie est particulièrement frappante, mais ils sont reliés les uns aux autres par un ovale qui unit mains et têtes. L’attitude de Jean et son regard de foi est pour certains le signe que le salut touche personnellement par le don de la grâce.

  crucifiz.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MARIE  MADELEINE


MarieMadeleine_66743.jpg

Hendrick BLOEMAERT  1635 ;  peinture à l'huile H. 115 ; l. 85,6 ;  musée Poitiers

Au pied de la croix, sur la gauche, Marie-Madeleine se tient agenouillée, les mains jointes, les cheveux détachés comme ceux d'une pénitente, le regard rivé sur le Christ. La ville de Jérusalem compose la ligne d'horizon à l'arrière-plan à droite, sous l'immensité du ciel de ténèbres, selon le texte des évangiles.

 

 

 

 

 

delacroix.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eugène Delacroix ,  Marie-Madeleine au pied de la Croix, 1829
Huile sur toile 35,2 x 27 cm Musée des Beaux-Arts, Houston, USA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Crucifixion" Peinture de Renato Guttuso (1912-1987) 1941 Dim. 2x2 m Rome, Galleria d'Arte Moderna 

guttuso leemage.jpgCette mise en scène insiste sur la nudité de tous les personnages, au centre l’amoureuse Marie Madeleine s’accroche au linceul. La verticalité des croix et le dédale créé par leurs positions est particulièrement riche et permet de nombreux protagonistes dont l’homme qui a gagné la tunique avec le dé qu’il tient.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le coup de lance

angelico62.JPGA quel endroit du côté fut porté le coup de lance ? Une tradition constante le situe du côté droit de la poitrine alors que l'opinion commune  place le cœur à gauche, ce qui est inexact, le cœur est au centre mais son battement se sent à gauche.

 

 

Fra Angelico couvent San Marco 1445

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rubens, Pierre Paul   entre 1600 et 1640   Peinture sur bois 08lancerubens.jpg
Hauteur 429 * Largeur 311 cm Anvers, Musée royal des Beaux-Arts, 

Une grande agitation de tous ces personnages rassemblés sur un format vertical, ce qui privilégie les verticales. A droite les femmes et Jean, accablés, à gauche les soldats et le coup de lance, le lien est fait par Marie Madeleine qui essaie de détourner le soldat par son regard et cri. L’originalité concerne le soldat de droite qui a une barre de fer en main et se prépare à casser les os du larron. A noter aussi l’inscription en 3 langues au dessus de la croix Et face à cette agitation, le calme et la force du Christ en croix.

Tout cela correspond bien à Jean 19, 31-37

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 09:41

SUR LE CHEMIN DU GOLGOTHA


Les évangiles de Matthieu, Marc et Luc,  ont inspiré la plupart des œuvres d’art dont nous disposons.

La croix portée, le portement. Les condamnés à la croix devaient porter eux-mêmes la croix, ou au moins la traverse, le patibulum, qui pesait au moins trente kilos et sur laquelle seraient cloués les poignets du crucifié .
 

 giotto.jpg

 

 

Giotto di Bondone. Portement de croix. Eglise de l'Arena de Padoue (= chapelle Scrovegni). Fresque, 1303-1306. 

 

 

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La montée au calvaire, LeTintoret,  (5,15 m x 3,90 m), La Scuola Grande di San Rocco à Venise 

Les trois condamnés portent leurs croix les uns derrière les autres sur un chemin montant qui tourne à angle aigu au milieu de la toile.
En bas, dans l’ombre du rocher du Golgotha, les deux larrons, tirés et aidés par des serviteurs, portent chacun leur croix.  Sur la deuxième moitié du chemin en haut de la toile, sous des nappes de nuages dorés et bleu-verts, en pleine lumière, mais à contre jour pour le spectateur,  le Christ peine. Un homme, sans doute Simon de Cyrène, l’aide en soutenant le haut de sa croix. Passe un cavalier qui jette un regard sur le condamné. Deux oriflammes flottent au vent, sur lesquelles on peut lire les quatre lettres S.P.Q.R. Rome est ici le maître.


   Stanley Sprncer 1920 Christ portant la croix.jpg "Le Christ portant sa croix"  Peinture de Sir Stanley Spencer (1891-1959) 1920 Dim. 153 x 142,9 cm Londres, Tate gallery 

Une vision britannique juste au moment du départ à la guerre.

 

 

 

 

 3 Rouen - BM - ms. 3028 1520.jpg

 

 

 

 

Au Moyen Age Isaac portant le bois est l'image du Christ portant sa croix 

 

 

 

 

 

 

Les autres protagonistes du chemin de croix 

 

Simon de Ctitien2 leemage.jpgyrène, le père d’Alexandre et de Rufus (Mc, 15, 21)

 

 Christ Carrying the Cross,  TIZIANO Vecellio,  1570-75, Oil on canvas, 67 x 77 cm Museo del Prado, Madrid 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une rencontre « imagée » : Une vraie image… Vera icona… Sur le voile de Véronique.

 veronique flamande.jpg

La légende n’apparaît en Occident que vers 1300, dans la Bible de Roger d’Argenteuil. Elle deviendra vite très populaire. Le voile de Véronique, en réalité une icône byzantine, était l’une des reliques les plus insignes de Saint Pierre de Rome. Elle disparut lors du sac de 1527.

 orenbourg.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’autres légendes populairesminiature clous leemage.jpg

La forge des clous

 Simon tient la Croix, un charpentier perce un trou, le forgeron montre sa main a un médecin en prétendant ne pas pouvoir fabriquer de clou. La dernière scène représente son épouse fabriquant le clou. Miniature tirée de la Bible Holkham; 1320-1330. The British Library Institution Reference: Shelfmark ID: Add 47682. Folio No: 31 

 

 

LA MISE EN CROIX


Dans chemin de croix tiré des synoptiques : le dépouillement des vêtements, leur partage entre les soldats et le tirage au sort de la robe sans couture, la mise en croix,

 

 christ dépouillé.jpgJésus dépouille de ses vêtements, Peinture de Antoni Viladomat i Manat (1678-1755) 1722-1733 Mataro, Basilique de sainte Marie, Espagne 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux façons de voir la mise en croix

 

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Le Christ cloue à la croix. Peinture de Gerard David (1460-1523), peintre flamand, vers 1481. National Gallery, London

La Christ cloué sur la croix.   En  haut des échelles, 2 hommes fixent a l'aide de clous, les paumes de main de Jésus a la croix.

angelico61.jpg

Fra Angelico Fresque  550 x 950 cm. Couvent de San Marco, Florence (Museo di San Marco, Firenze),

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Elevation de la croix" de Pierre Paul  Rubens (esquisse pour un compartiment du plafond de l'eglise des Jesuites d'Anvers) Peinture (ou Peter Paul ou Petrus Paulus) (1577-1640) 1620 Dim. 0,32x0,37 m Paris, musée du Louvre

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Gilbert SpencerThe Crucifixion 1915.jpg

 

 

 

The Crucifixion Gilbert Spencer 1892–1979, 1915 , Medium Oil paint on canvas ,  864 x 991 mm, Collection Tate 

 

blake Leemage.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Les vêtements partagés

William Blake , aquarelle 1810

 

 

 

 

 

Le bon larron

 

Palma jeune leemage.jpg

 

Le Christ et le bon larron.  Peinture de Palma Le Jeune  et  Le Titien,  , 1575-1576.  (Venise), Gallerie dell'Accademia  

 


LE CHRIST VIVANT SUR LA CROIX

 La crucifixion  TINTORETTO   1565  Oil on canvas, 5,36 x 12, 24 m Scuola Grande di San Rocco, Venice

 

tintoret2.jpg

 

 La Crucifixion du Tintoret de San Rocco ne ressemble à aucune autre par sa taille

   Un ciel de plomb.  L’échelle est là, posée derrière la croix de Jésus. Elle aidera à descendre son corps après sa mort.

A gauche, un soldat se prépare à dresser la croix de l’un des deux larrons, en s’aidant d’un âne…A droite, un passant désigne le Christ du doigt. Un autre le regarde les yeux fixes.
Jésus  voit sa mère, Jean, les autres saintes femmes. Les croix des deux larrons en cours d’érection. La foule des assistants, à cheval ou à pied.

tintoret.jpgJésus occupe ici presque tout l’espace, avec ses bras étendus à l’horizontale. Un homme dans la force de l’âge, une solide musculature, les pieds cloués l’un sur l’autre, contrairement à la tradition qui prévalait au Moyen-Age. Le visage est meurtri par la souffrance, mais il est encore bien vivant. La tête est penchée vers l’avant, les yeux regardant en bas ceux qui sont au pied de la croix, ses bourreaux et les passants qui l’insultent en le montrant du doigt….

Une solitude tragique… Mais autour de sa tête et de son buste, une lumière rayonne comme d’un soleil. S’il y a sacrifice, il est radieux. Au delà de la douleur, la paix intérieure du crucifié dans un sacrifice qui serait vraiment un don de soi.

 

 


 Tissot-What-Our-Saviour-Saw-from-the-Cross2.jpg

Ce que notre sauveur voyait du haut de la croix , James Tissot , aquarelle 1898, Brooklyn

 

 Une mise en scène originale dans un décor local, à noter au fond le tombeau

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 12:23

REPRÉSENTER LE CHRIST EN CROIX

 

Le supplice de la croix était à la fois horrible et humiliant, comment les chrétiens pouvaient ils représenter Jésus, le Christ tué par un tel supplice ?

 

 crucifixiongraffiti1.jpg

Les chrétiens étaient moqués comme le montre ce graffiti du Palatin dont  la  légende précise : « Alexamenos adore son Dieu ». Alexamenos  fait le geste d’offrir un baiser au Christ, représenté par une tête d’âne et attaché sur une croix 

Le dessin dénonce le ridicule du croyant plus qu’il ne s’élève contre l’âne sur la croix, et entre l’animal et la croix , quel est le plus scandaleux ?

 

 

 

 

 

 


 

Les chrétiens représentent la croix comme signe de victoire 

 

Sarcophage de la Passion Rome fin 4e s.

labarum.jpg

 

La croix est victorieuse : couronne, elle est devant le tombeau vide, c’est le signe de la résurrection

 

 


B 4 Transfiguration_La_Croix_salut_pour_le_monde_Basilique_de_Saint-Apollinaire-in-Classe_a_Ravenne_vers_550.jpeg.jpg

 

 

 

. L’Eglise reprend à son compte celle que Constantin aurait eue en vision lors de la bataille du pont Milvius. C’est cette croix triomphale qui sera reproduite, embellie, ornée de pierres précieuses dans tous les monuments chrétiens de l’époque byzantine   pour signifier la victoire glorieuse du Christ sur le mal. Ravenne St Apollinaire in classe

 

 

 

 


 

 

La première représentation de la crucifixion est celle de la porte de la basilique Ste Sabine à Rome à la fin du 5ème s.
Jésus est les bras ouverts avec les larrons mais le bois de la croix n'est pas représenté.

 

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  la 1ère représentation du Christ en croix église Ste Sabine  5 ème s. 

 

 

 

 

C'est au 12e s. en Italie que ce magnifique Christ triomphant est produit

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Peinture à la tempera et à l'or , peintre inconnu, 12eme siècle Première chapelle de droite, église san Frediano, Pise Italie

le Christ est sur la croix, entouré de scènes de la Passion, mais il est triomphant, bien que sa mort ne soit pas cachée, puisqu’on trouve quelques traces de sang.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais le réalisme et un certain attrait du morbide donna d'autres oeuvres , comme ici Matthias Grunewald 1523

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Les crises du 16e s. ont entraîné un  iconoclasme protestant qui a détruit de nombreuses images de saints, jugées idoles mais aussi certaines croix comme celle de Zurich abattue par le cordonnier Niklaus Hottinger en 1523

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Mais Luther et les luthériens gardent des images du Christ et le crucifix

 

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Martin Luther prêchant la foi, bois allemand , 1561


 

Alors que Calvin et les Réformés suppriment toutes les images religieuses comme

Dans ce temple de Paradis, utilisé de 1564 à 1567, à Lyon

 

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La réforme catholique supprime aussi certaines images mais garde le crucifix pour le culte et la dévotion personnelle

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Sur ce tableau de Zurbaran, Saint Luc devant la crucifixion , le peintre se représente lui-même , Musée du Prado,  Madrid


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui comment les chrétiens représentent ils la croix, le crucifié ?

 entre exaltation et méditation

             300px-Dali_Crucifixion_hypercube.jpg                         richier.jpg

 

Salvador Dali et Germaine  Richier 1950

 

 

 

Et pour beaucoup croyants ou incroyants la mort du Christ est un moyen de dénoncer l'horreur des massacres

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Graham Sutherland_1946_collpart leger.jpg       

Graham Sutherland 1946  et Durrenmatt 1950

 

 

 

 

 

ou de refuser à nouveaux les images

Passion selon Matthieu  de Mannessier 1986

Manessier Passion Matthieu 1986 huile Galerie de France.jpg

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 21:38

La mise en scène du Jugement dernier se fonde sur le Livre de Daniel et sur le ch. 25 de l’évangile selon Matthieu

 

La seule image qui corresponde à une lecture immédiate est cette mosaïque  du 6e s. à St Apollinaire le Neuf à Ravenne, avec la première représentation du diable qui n'est pas rouge

 

matthieu 25 ravenne.JPG

LES 7 ŒUVRES  DE MISERICORDE

Elles sont directement copiées sur le texte de  Matthieu,  ce sont :nourrir les affamés ; donner à boire aux assoiffés ; vêtir les dénudés ; héberger les sans-logis ; libérer les prisonniers ; visiter les malades ; ensevelir les morts (cette œuvre sera rajoutée au XIIIème siècle).

 

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Le jugement dernier et les sept œuvres de miséricorde,  Bernard van Orley Huile sur panneau , 248 x 406 cm ;
Bruxelles 1491/ 1492 - Bruxelles 1542
 

Vers 1518, la Chambre des Pauvres d'Anvers commanda un triptyque à Bernard van Orley.   Pour l'autel de la Chambre dans la cathédrale d'Anvers.

Au centre   le Christ prononce le Jugement Dernier. Il est assis sur un arc-en-ciel, symbole de l'alliance entre Dieu et les hommes. L'archange Michel assiste le Christ en procédant à la pesée des âmes. Les élus se voient accorder l'accès au paradis, les réprouvés finissent en enfer. Répartis sur l'ensemble du triptyque, on retrouve les sept œuvres de miséricorde.

Sur le panneau central, Van Orley a représenté la septième et dernière œuvre : quelques hommes ensevelissent un mort.

 

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Sur le volet de gauche, des aumôniers donnent à boire aux assoiffés, nourrissent les affamés et offrent l'hospitalité à un étranger. 

 

orley 5.JPGorley 6.JPG

       Sur le volet de droite, des vêtements sont distribués aux mendiants et un malade reçoit réconfort et secours. À l'arrière-plan, on assiste à la libération de prisonniers incarcérés pour leurs convictions religieuses, or c’est le moment où le peintre est poursuivi pour ses sympathies luthériennes

Ce triptyque n'illustre pas seulement les activités de la Chambre des Pauvres. Il exhorte également les aumôniers à une vie vertueuse et charitable. 

 

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Les Sept Œuvres de Miséricorde ;  Le Caravage   (1606 – 1610) un immense tableau d’autel (3,90 x 2,60)  pour l’église de Pio Monte della Misericordia à Naples

Caravage propose ici une solution géniale à un problème complexe : il est le premier peintre à représenter les sept œuvres non pas séparément mais ensemble. Riches et pauvres, nobles et miséreux sont représentés une soirée quelconque dans un des carrefours espagnols de Naples, ils symbolisent les œuvres de Miséricorde.

Une femme du peuple allaite un vieillard à la porte d’une prison; c’est une version de la Charité romaine selon laquelle une jeune fille, Péro, allaite secrètement en prison son père, Cimon ou Mycon, condamné à mourir de faim.   Cette histoire est rapportée par plusieurs auteurs dont chez Pline l'Ancien (Hist. nat., VII, 36),  Le thème faisait écho à la légende mythologique de Junon allaitant Hercule (et créant, par un jet de lait, la Voie Lactée).
Un gentilhomme comme St Martin dégaine son épée afin de couper son manteau et de le partager avec un mendiant nu ; un aubergiste donne à boire à un assoiffé (il se sert d’une mâchoire d’âne comme Samson) et un autre accueille des pèlerins épuisés. Les pieds du cadavre sur lesquels se pose un rayon de soleil nous rappelle l’impératif d’ensevelir les morts.

 

 LES JUGEMENTS DERNIERS

 

Nous suivrons les analyses de André HERREN dans Le Jugement dernier en procès, 2011 ed. Olivétain

 La représentation prend très vite une forme stéréotypée

voici ce qui caractérise un jugement dernier. last-judgment-anf-the-wise-and-foolish-virgins.jpg

 

En haut : Christ à la fois Fils de l’homme glorieux et Jésus crucifié, il préside tribunal et énonce verdict

        Séparation des justiciables : élus à sa droite, et réprouvés à sa gauche

        Deux lieux de destination : paradis (sein d’Abraham, Jérusalem céleste, jardin d’Eden) et enfer (chaudron, gueule)

        En bas résurrection générale, sortie des tombeaux

 

 

 

COMPARAISON DE 3 JUGEMENTS DERNIERS MEDIEVAUX

 

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CONQUES ;  l’abbaye a été construite à partir de 1050 par l'abbé Oldoric

 

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BOURGES Les travaux commencent en 1195 et se poursuivent tout au long du 13ème

 

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BEAUNE  retable sous la forme d'un polyptyque en quinze panneaux du peintre flamand Rogier van der Weyden, peint entre 1443 et 1452 pour l'Hôtel-Dieu de Beaune sur commande de son fondateur le chancelier Nicolas Rolin

 

COMPARAISON DES CHRIST JUGES

 

Christ est il le crucifié prêt à se venger ou celui qui donne sa vie : justice ou miséricorde ?


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Le Christ pantocrator, au sommet du ciel, mandorle, les anges …  juge suprême avec main qui sauve et main qui condamne,

 représente le Christ comme un empereur, « on utilise l’image du Christ triomphant pour asseoir le pouvoir ecclésiastique et social de l’Eglise et entretenir la peur et l’allégeance des fidèles » André Herren p 251

 

 

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A Bourges  Christ plus homme, c’est le crucifié qui juge et sépare, il a le torse plus ou moins nu et montre ses plaies dans un geste qui fait penser à un geste d'accueil. Ce n'est plus le Christ glorieux de l'Apocalypse mais le Christ incarné qui a souffert sa passion. Il n'a plus de mandorle, il n'a même plus le nimbe crucifère traditionnel.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

BEAUNE 

Christ domine terre et est sous arc en ciel mais Celui qui est sur le trône est un blessé. Ses cicatrices brillent comme des pierres précieuses. Son manteau semble teint du sang qu’il a répandu

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Les deux phrases inscrites sous la fleur de la miséricorde et l’épée de la colère viennent du chapitre25 de l’évangile selon Matthieu, celui qui fournit les critères du jugement Une main accueille l’autre laisse aller sans descendre

  Sous les lys  venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde

  Sous l'épée écrit en noir : allez loin de moi, maudits, au feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMPARAISON DES SAUVES  

Conques 2d registre le Christ dans mandorle gloire céleste, 2 mains : « venez et éloignez vous »; à gauche : les saints avec Marie, abbé roi Charlemagne ; espérance charité constance humilité 4 vertus théologales

        3e registre : paradis avec Abraham tenant les âmes dans son sein et Ste Foy à qui l’église est dédiée  

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Bourges Grande importance de l'archange St Michel (et de son sourire). A sa droite, les élus et la figuration du ciel : les âmes dans le sein d'Abraham. En tête des élus, St Pierre et ses clefs suivi d'un moine cordelier (St François, mort en 1226, canonisé en 1228). Le roi ne peut être St Louis qui était alors bien vivant.  

Ordre et calme partout

 

COMPARAISON DES DAMNES

 

Conques  on peut en reconnaître certains dont  Henri 4 d'Allemagne , Grégoire 8 et un abbé simoniaque  

        3e registre :   Satan , enfer avec orgueil félonie luxure avarice médisance, gloutonnerie, paresse donc ce sont les 7 péchés capitaux qui sont condamnés

 

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Bourges Les damnés sont nus et anonymes

St Michel pèse et intervient directement contre diable au dernier moment , intercession miséricorde ? mais rien de la part des élus , aucune œuvre

 

 

Beaune est très différent

Aucun tombeau   Les morts ne sortent pas de la pierre froide, mais de la terre nourricière dont ils avaient été tirés au matin du monde.

Le temps de la re-création est maintenant venu   : un homme complètement sorti, agenouillé, mains jointes dans l'attitude de la prière,  un autre aide sa jeune femme à se relever, dans un joli geste de tendresse, avant de l'entraîner sur le chemin du Paradis ; 
Seconde originalité du retable : les ressuscites sont simplement eux-mêmes, ils sortent de terre nus, tels que Dieu les a faits et tels qu'il les recrée à l'image de son Fils bien-aimé, tous à 33 ans comme celui du Christ

 

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beaune029.jpgDe chaque côté de l'archange s'opère un départage. Les ressuscites, en s'éveillant, s'orientent par rapport à la Lumière du Christ. Les uns s'offrent à son rayonnement et, leur mouvement de résurrection s'accentuant, ils se redressent. Les autres s'en détournent, échappent à son attraction et chutent lourdement.

 

 

L'atmosphère, ici, n'est plus celle du « Beaucoup sont appelés et peu sont élus», mais celle du «Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi».  Rien, sauf la liberté de l'homme.   


 Du «bon côt
beaune025.jpgé», celui de la droite du Christ, les élus trouvent leur vrai visage, celui que l'amour modèle à la ressemblance du Fils et qu'exprimé si bien le beau geste de tendresse de l'homme aux mains tendues vers sa jeune épouse


 

 

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Du « mauvais côté », celui de la gauche du Christ, la création se défait : les visages se dégradent, se bestialisent, la terre, de plus en plus aride et crevassée, ne fournit plus l'eau nécessaire à la vie végétale, le règne minéral reprend le dessus

 

 

 

En enfer ils sont solitaires, aucune compassion ne les lie; le seul instinct qui leur reste est celui du meurtre. Les forces de vie sont étouffées. Il n'y a plus d'espace libre, ni pour soi-même, ni pour autrui, ni pour Dieu, et c'est peut-être cela aussi que veut signifier cette accumulation de corps entassés, par opposition aux corps moins nombreux qui, du côté des élus, ont autour d'eux l'espace nécessaire pour respirer.

La situation de chacun ne dépend pas d’un combat entre anges et démons, mais chacun apparaît responsable : dans la balance c’est le même homme qui est pesé selon son mérite ; Christ regarde avec bienveillance il exhorte à renoncer à l’enfer de l’égoïsme, de la violence le pardon est possible

 

 

LUCAS DE LEYDE 1494 - 1533

 

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La plus grande réalisation de et son vrai chef-d'œuvre 

triptyque du Jugement dernier 1526-27, musée de Leyde  271 x 185 cm

tableau votif peint à la mémoire de Claes Dirck Van Swieten  soigneusement préservé des troubles iconoclastes du xvie s. par les Leydois eux-mêmes,

Le Paradis (avec au revers Saint Pierre) et l'Enfer (avec au revers Saint Paul ) encadrent la scène du Jugement dernier,

La scène centrale, qui se poursuit sur les volets, comprend peu de personnages, mais Lucas les étudia très attentivement et soigna plus particulièrement les relations entre les groupes en jouant sur l'opposition des corps clairs et du sol brun sombre. 

 

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MICHEL ANGE  Le Jugement dernier (1536-1541). Alors que le plafond  de la SIXTINE  est bien antérieur 1508 – 1512    

 

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Abandon de la mise en scène en bandeaux, et du Christ souffrant qui est remplacé par l’Homme Dieu victorieux de la mort    

Tout bouge mouvement ascendant et descendant 

 Le Christ, représenté juste avant que ne soit prononcé le Jugement Dernier  Son geste à la fois impérieux et calme semble attirer l'attention tout en apaisant l'agitation ambiante : il crée un mouvement rotatoire, ample et lent, qui entraîne tous les personnages présents. Seuls les groupes d'anges qui volent en portant les symboles de la Passion, dans les lunettes du haut  sont exclus de ce mouvement.
La Vierge est à côté du Christ, elle penche la tête en signe de résignation. Car, elle ne peut plus intervenir dans la décision mais seulement attendre l'issue du Jugement. Les Saints et les Elus, disposés autour de la Mère et du Fils, attendent eux aussi dans l'anxiété l'annonce du verdict. Certains d'entre eux sont facilement reconnaissables : Saint Pierre avec les deux clés, Saint Laurent avec son gril, Saint Bartholomé avec sa propre peau où l'on distingue l'autoportrait de Michel-Ange, Sainte Catherine d'Alexandrie avec sa roue dentée, Saint Sébastien à genoux les flèches à la main. Au-dessous, au centre, les anges de l'Apocalypse réveillent les morts au son de longues trompettes ; à gauche les ressuscités en ascension vers le ciel récupèrent leurs corps (Résurrection de la Chair), à droite les anges et les démons s'empressent de précipiter les damnés en enfer. Enfin, en bas, Charon fait descendre les damnés de son embarcation à coups de rames, assisté par des démons, pour les conduire devant le juge des enfers Minos, le corps pris dans les anneaux du serpent. Ici, la référence à l'Enfer de la Divine Comédie de Dante Alighieri est évidente.   

 

MAINTIEN ET EVOLUTION D’UNE TRADITION ICONOGRAPHIQUE


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Von Peter Cornelius   1839 tempera  église St Louis de Munich

Commentaire par Théophile Gautier http://www.geographis.ch/~podouphis/Gautier_Cornelius_2.htm

 

Doré pour sa Bible illustrée en 1897

 

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Mais le Jugement devient difficile à représenter et sans doute à penser, et les images se centrent sur la résurrection des morts

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Burne Jones 1896, Cathédrale de Saint Philippe de Birmingham. A noter le livre tenu par l’ange , cela renvoie à l’Apocalypse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résurrection de la mort, Victor Mottez 1809 1897 , huile sur toile , musée de Lille   Mottez.jpg

Développement du sentimentalisme et de la croyance dans les retrouvailles entre membres de la même famille

Theodor BAIERL 1918 20 At the last judgment.jpg

 

Au jugement dernier Theodor Baierl; German, 1881 - 1932

  1918 – 1920 ; 81x64 cm crayon sur papier Un allemand amoureux du Quattrocento, qui montre des amants et un homme soutenant son père ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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Grave sky et Gehenna fire Barry EUREN peintre américain né en gill.jpg1948


 

 

 

Le Jugement dernier ; Eric GILL ; 1917, gravure bois, 

 Jugement strictement individuel

 


 

 

Fernando Botero Painter Colombian [phistars.com] 5 stars 1932 Figurative Art celestial-portal 1993.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Porte du Paradis, Fernando Botero , huile 1993

Vierge à l’enfant, nouvelle Eve écrasant le serpent, montée d’Adam et Eve, une femme sauvée par la main de Dieu, en bas à gauche Mère Teresa et à droite le soldat espagnol de la conquête (le peintre est colombien)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette étude se termine par l’analyse de La peseuse de perles ;Johannes VERMEER, 1662-63 huile sur toile, 42,5 x 38 cm National Gallery of Art, Washington

Telle que la présente André Herren, op.vermeer.jpg cit. p 304

 

« La jeune femme tient à la main une balance en équilibre.

On distingue au mur une représentation tout à fait classique du jugement dernier, exécuteur du jugement, le Christ donne l'impression d'être placé sur la tête de la femme comme s'il la bénissait elle et nous les spectateurs. Nous n'avons pas affaire au juge implacable du jour fatal, mais au Christ qui a promis sa présence attentive, aimante et exigeante tous les jours jusqu'à la fin du monde.

Cette jeune femme se concentre sur la balance, elle est recueillie et exprime une paix intérieure, or les plateaux équilibrés sont vides. On ne peut donc pas interpréter ce tableau comme une femme vénale fascinée par les bijoux. La balance exprime au contraire sa maîtrise de la situation et sa responsabilité. On ne peut pas non plus en faire une personne vivant dans la crainte de l'avenir et du jugement dernier car le tableau est placé de côté, il ne la domine pas pour lui faire peur, c'est comme un simple rappel que le mal est bien présent, mais jugé, et que tout ce qui se joue dans sa vie est de la plus haute importance. Quant au miroir qui lui fait face il pourrait symboliser la connaissance qu'elle a d'elle-même. Elle se connaît et semble assumer sereinement sa vie devant Dieu, elle est maîtresse de son action et capable de juger elle-même le monde et d'actualiser à sa manière le commandement d'amour. Enceinte elle est porteuse de vie et l'enfant en gestation symbolise les promesses d'un avenir que personne ne peut lui ravir. Elle va recevoir cette vie comme elle a reçu la sienne, elle sait qu'elle n'est pas maîtresse de cette vie même si elle occupe en toute modestie la place de l'archange. Une femme adulte, sereine et responsable de sa vie devant Dieu, tel est donc le modèle que Vermeer nous offre aux termes de ce voyage. »

 

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 10:21

UNE HISTOIRE BANALE

 

Luc 15, 11-13 « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir.” Et le père leur partagea son avoir. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout réalisé, partit pour un pays lointain et il y dilapida son bien dans une vie de désordre.

 

        Qu’un fils demande sa part d’héritage, qu »il parte puis revienne ruiné… cette histoire est assez banale et on peut la traiter comme telle


        Jean Baptiste Scotin le Jeune (1671-1716).jpg

Le départ du fils prodigueJean Baptiste Scotin le Jeune (1671-1716) gravure

                La question de l’héritage est sensible au 17e s.

        

Le fils prodigue,  Joyeuse compagnie ;  Gerrit van Honthorst ;1623 huile sur toile, 125 x 157 cm, Staatsgalerie, Schleissheim

                Une occasion de peindre l’ivresse et les filles le-fils-prodigue honthorst 1622.jpg

        

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La misère et la conversion du fils

 

Luc 15 , 14-19 Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans l’indigence. Il alla se mettre au service d’un des citoyens de ce pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait. Rentrant alors en lui-même, il se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain de reste, tandis que moi, ici, je meurs de faim ! Je vais aller vers mon père et je lui dirai : Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes ouvriers.”

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Le fils prodigue, Albrecht DURER, 1496 ; gravure ;  il y a 2 versions

        Prière du fils vers le Père du ciel mais  le contexte est marqué et les porcs cernent le fils

 

 

 

 

 

 

 


 

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Le fils prodigue, RODIN , bronze avec patine noire, 1886, 55 cm

        Mouvement de détresse face ou contre Dieu ?

 

 

 

 

 

 

 

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Le fils prodigue Puvis de Chavannes,  1824-1898, huile 1879 , 100 x 147 cm ; Chester Dale collection

                Méditation intérieure ; repli sur soi

 Peinture de Baccio Maria Bacci (1888-1974), 1925.jpg

Le fils prodigueBaccio Maria Bacci 1888-1974; huile sur toile ; 1925;  70,5 x 60 cm;  Civico Museo d’Arte Contemporanea, Milan

                Méditation à propos des porcs, comme dans le texte

 

 

 

 

 

 

 


 

ACCUEIL DU PERE 

 

Luc 15, 20 – 24    Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié : il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez la plus belle robe, et habillez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé.”

 

ACCUEILLIR C’EST VETIR


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  'Speculum humanae salvationis', Cologne, c. 1450

dessin à la plume, coloré; Museum Meermanno Westreenianum, La Haye

        Fils nu en signe d’humilité, comme pour les condamnés qui demandent pardon en public

 

 

 

 

 

 


Le retour du fils prodigue; Pompeo Batoni ; 1773 huile sur toile, 138 x 100,5 cm Kunsthistorisches Museum, Vienna

        Fils nu entre se blottit sous le manteau du père Batoni.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le fils prodigue
Guercino (1591-1666); 1619,
huile sur toile, 107 x 143.5 cm
Kunsthistorisches Museum, Gemäldegalerie

        Importance du mouvement des mains, le fils se dévêt, le père tend la main vers la nouvelle chemise, les mains se croisent mais pas les regards, très maniériste mais le fils aîné tend des chaussures … pour repartir

 

LE MOUVEMENT D’ACCUEIL

 

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Le retour du fils prodigue ,  Bartolomeo MURILLO ; 1670, huile;  National Gallery of Art, Washington

        Mise en scène où tous les éléments et personnages se retrouvent. Mouvement du père qui enserre le fils, à comparer avec Rembrandt, échange des regards

        

Leonello Spada (1576 - 1622), 17eme siecle. Huile sur toile. 1,60 1,19m. Paris, Musee Du Louvre.jpgLe retour du fils prodigue; Leonello SPADA (1576 - 1622), 17eme siecle. Huile sur toile.  1,60  1,19m. Paris, Musée Du Louvre

        Gros plan sur la relation, fils très jeune, le père l’entoure de ses bras et le regarde avec certaine sévérité   

 

 

 

 

 

 

 

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Le retour du fils prodigue; Guerchin dit Il Guercino (1591-1666) 1617 Turin, Galleria Sabauda

 Composition en mouvement dans cadre dynamique : partie gauche et diagonale inversée, du haut vers bas ,  le père se précipite, fils ne bouge que les bras. Perspective très accentuée et faussée par l’escalier, mais le point de fuite tombe sur le fils aîné !20 Masari.jpg

 

 

Le retour du fils prodigue, Lucio MASSARI 1569-1663; huile, 1614, Pinacothèque de Bologne

        Maniérisme ; même mouvement mais composition inversée par la diagonale et  vue en plongée,  plus de compassion pour le père. Le fils aîné arrive à cheval et interroge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REMBRANDT

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Le retour du fils prodigue, REMBRANDT, huile sur toile 206x 262cm,  1663- 1669 , Ermitage

 

Méditation de Paul Baudiquey devant l’oeuvre de Rembrandt : « le retour du fils prodigue ».   

L’homme qui a peint le « retour du prodigue » est un homme sans façade. Un homme lavé de toute parole vaine. L’œuvre est immense. Elle s’ouvre sur l’espace d’une confidence unique dans toute l’histoire de l’art occidental.

 « C’est le premier portrait « grandeur nature » pour lequel Dieu lui-même ait jamais pris la pose. »

Rembrandt meurt en 1669, Ses dernières œuvres sont 1663 1669 : Le Retour du fils prodigue (Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg)  et 1669    Siméon au temple inachevé

 

 

 

 


Ensemble : quelle attitude ?

  Fils  complètement de dos, mais couple décentré , horizon au niveau des mains , un corps à corps mais statique

 


 Le père : en majesté, massif mais fragile par son maintien et son visage

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voûté comme arc roman, ses bras créent un ovale, une mandorle divine , mais aussi ovale géniteur de la femme, le Père divin reçoit et donne naissance

 il a un visage d’aveugle, il pleure ?  comparaison avec évangéliste  Matthieu 1661 et prophète Siméon 1669 inachevé , un vieux juif

 

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Le fils : puissant , « cou de bagnard, vêtement de tempête » , une sorte de naufragé qui se retrouve au port

les mains grandes mais différentes, elles abritent, accouchent… car le fils  se perd dans le ventre , il en sort comme un nouveau né
 

 

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Les autres personnages

        Enigmatique mais nombreux, tous tournés vers le fils

2 servantes, 2 hommes dont le fils en rouge, stupéfait calmes méditatifs pas de récrimination, spectateurs comme nous

 

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ACTUALISER LA PARABOLE

 

        James Jacques Joseph TISSOT 1836, Nantes  - 1902, Buillon (Doubs)
Vit à Londres entre 1871-1882 jusqu’à mort de sa compagne Kathleen Newton

Conversion en 1888, il se tourne alors vers l’aquarelle biblique
 

 Parabole du Fils prodigue,  série de 4 tableaux vers 1880 , huile sur toile, chacun de   86,3 x 116,2 cm,  Musée des Beaux-Arts de Nantes prêt du Musée du Luxembourg  en 1914, suite à legs de 1904

 Il campe la série dans le monde moderne, au bord de l'eau à Nantes

 

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Le départ

Le"Départ"se situe près d'une bow-window. La lumière mordorée et les détails de nature morte (fleurs, coquillages, chat) rappellent l'intérêt de Tissot pour les Flamands. On reconnaît à gauche Kathleen Newton, une sœur du fils prodigue   

Le fils cadet domine : il est agressif par sa pose, il se saisit d’un portefeuille l’aîné rêve, Le père discute

 

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En pays étranger
 Deuxième épisode de la série, l'oeuvre rappelle la passion de Tissot pour le Japon.  A nouveau composition verticale mais cette fois ce sont les plaisirs qui dominent

 

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Le retour

Le port de Nantes, le plancher luisant  sert de scène pour un épisode poignant. A droite, on reconnaît Kathleen Newton et le frère du fils prodigue. A gauche, les cochons d’un débarquement, dont le fils était. Le traitement des navires témoigne de la fascination de Tissot par la mer.  Composition toujours verticale mais cette fois c’est le père qui domine,

 

  Tissot est un rare peintre à traiter la dernière partie sur le fils aîné

Luc 15, 25-32 « Et ils se mirent à festoyer. Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses. Appelant un des serviteurs, il lui demanda ce que c’était. Celui-ci lui dit : “C’est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a vu revenir en bonne santé.” Alors il se mit en colère et il ne voulait pas entrer. Son père sortit pour l’en prier ; mais il répliqua à son père : “Voilà tant d’années que je te sers sans avoir jamais désobéi à tes ordres ; et, à moi, tu n’as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a mangé ton avoir avec des filles, tu as tué le veau gras pour lui !” Alors le père lui dit : “Mon enfant, toi, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé.” »

 

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Dernier épisode de la série,"Le Veau gras" est peut-être plus autobiographique. Alors que le fils prodigue partage le repas, son frère qui revient de sortie, demande au père la raison de cette faveur,  

La scène est divisée en deux: à gauche l'intimité familiale avec le père et la soeur (K.Newton), à droite le fils aîné portant le canotier de Henley   très chic club londonien auquel appartenait Tissot. Cette fois diagonale domine et la scène n’est plus à contre jour

 Cette mise en scène suggère que le fils aîné reproche à son père de ne pas avoir été invité, pourquoi était il si pressé de fêter le retour du cadet ? la jalousie devient celle d’un fils qui lui aussi aimerait être reconnu comme perdu pour être reconnu  

Tissot se voyait-il comme un enfant perdu?    Tissot songeait-il déjà à rentrer en France?   

 

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 12:02

 

 

Ce récit est tiré de l'évangile  selon saint Luc, au chapitre 16, versets 19 à 31.

 

19« Il y avait un homme riche qui s’habillait de pourpre et de linge fin et qui faisait chaque jour de brillants festins. 20Un pauvre du nom de Lazare gisait couvert d’ulcères au porche de sa demeure. 21Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses ulcères.

22« Or le pauvre mourut et fut emporté par les anges au côté d’Abraham ; le riche mourut aussi et fut enterré. 23Au séjour des morts, comme il était à la torture, il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare à ses côtés. 24Alors il s’écria : “Abraham, mon père, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre le supplice dans ces flammes.” 25Abraham lui dit : “Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu ton bonheur durant ta vie, comme Lazare le malheur ; et maintenant il trouve ici la consolation, et toi la souffrance. 26De plus, entre vous et nous, il a été disposé un grand abîme pour que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne le puissent pas et que, de là non plus, on ne traverse pas vers nous.”

27« Le riche dit : “Je te prie alors, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père, 28car j’ai cinq frères. Qu’il les avertisse pour qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture.” 29Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent.” 30L’autre reprit : “Non, Abraham, mon père, mais si quelqu’un vient à eux de chez les morts, ils se convertiront.” 31Abraham lui dit : “S’ils n’écoutent pas Moïse, ni les prophètes, même si quelqu’un ressuscite des morts, ils ne seront pas convaincus.” »  

 

Les œuvres représentant la scène portent le titre de « Le riche et Lazare », ou « Le mauvais riche et Lazare » ou encore « Dives et Lazare ».  C’est donc le riche qui est qualifié ou dénommé alors que l’évangile ne dit rien de lui. Le nom de Dives correspond au  surnom de « richard » en bas latin.

 


LE  RICHE

 

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BONIFACIO VERONESE  Dives et Lazare, 1540 , huile sur toile, 204 x 436 cm  Gallerie dell'Accademia, Venise

 

Un monde horizontal

Une très belle scène de plaisir aristocratique: une terrasse qui s’ouvre sur un vaste parc avec plusieurs scènes secondaires

Le riche est discret dans son attitude et son habit mais entouré par la beauté

Beauté : musique, architecture, jardin et femmes

Lazare, mendiant marginal, discret, le chien noir le renifle, le chien blanc l’ignore ;  il tient une crécelle signe de sa lèpre   

 

    

   Domenico  FETTI   1589 – 1623  The Parable of Lazarus and the Rich Man

1618/1628 oil on panel   61.6 x 45.4 cm   Région Aquitaine, Inventaire général, Michel Dubau, 2007

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Un monde vertical, importance du ciel mais il est vide

Inversion du rapport architectural , contre plongée

Beauté comme ci-dessus mais plus de richesses : vaisselle, statuaire, serviteurs

Lazare discret, humble, il est sous statue de l’Abondance,

Le serviteur armé d’un gourdin est une invention iconographique pour créer une relation de violence et de méchanceté entre le riche et Lazare

Que fait le serviteur du 1er centre avec son  bassin, et son aiguière ? simple référence aux ablutions juives ou rappel du lavement des pieds pour montrer comment Jésus se fait le serviteur des pauvres

 

 

bassano.jpg

 

Leandro BASSANO,  Dives and Lazarus. 1595 Oil on canvas, 100 x 123 cm
Private collection

 

Autre milieu social, aucun raffinement mais abondance de nourriture donc le riche est un goinfre gourmand , la musique est secondaire

Monde clos mais la fenêtre s’ouvre sur ciel menaçant

Lazare assis recueille les miettes mais  le serviteur va le battre ; à gauche un petit singe « singe » véritablement Lazare

 

 


14697.jpg

 

 

Franz FRANCKEN    1542 - 1616

Huile sur toile 58x  79 cm

Deux mondes séparés, et qui s’ignorent,   vue plongeante

Dans la maison : les riches, abondance et élégance

Dans le jardin : Lazare battu par le serviteur

Entre les 2 la servante va vers les riches

Au fond, en tout petit, on voit la suite : à gauche mort de Lazare et réception dans le sein d’Abraham, à droite maladie du riche

 

Gerard HORENBOUT,  1510-20  

Miniature médiévale;  Paul Getty Museum

00420801.jpgUne famille noble dans son château fort : richesse et  ostentation : dais, oiseau tropical et singe
une vraie scénette : Lazare frappe à la porte et salue,  les chiens accourent, un serviteur se retourne, les autres ignorent

En bas la suite : Lazare meurt, les anges emportent son âme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LAZARE

 

Bourges vitrail du 13e s.
Bourges_Lazare04.jpg

            Lazare le lépreux, isolement,  sorte de mort vivant

 

Ladre, le nom vulgaire donné au pauvre Lazare, de la parabole évangélique, souvent confondu avec saint Lazare ; Lazare vient mendier auprès du mauvais riche. Il tient une cliquette, instrument formé de plusieurs lames de bois réunies sur un manche, produisant un son sec lorsqu’on les agite. 

 

Le Lazare de la parabole est confondu au MA au Lazare frère de Marthe et Marie de l’évangile selon Jean. Au Moyen Âge on en fit le patron des lépreux (à l'origine du lazaret),   Son nom correspond à l'hébreu אלעזרʾelʿazar («  Dieu a secouru »).

 

Il a existé un Ordre de St Lazare ou ordre des hospitaliers de Saint-Lazare de Jérusalem, pour les chevaliers lépreux.

A Paris l'enclos Saint-Lazare  dès 1110: « c'était un hôpital de lépreux, sous l'invocation de Saint-Ladre ou Saint-Lazare »

Au 17e s. c’est à Saint-Lazare que Vincent de Paul s’installe d’où le nom de Lazaristes donné aux prêtres de sa congrégation. 

 

 

 

John Everett MILLAIS     1829 - 1896  

Millais.jpgpeintre britannique célèbre pour son Jésus travaillant dans la maison de ses parents

 

Drawing Watercolor and gouache on off-white wove paper

14.1 x 11 cm  Harvard Art Museums

 

Solitude de Lazare devant la maison en fête, il n’est pas chassé mais ignoré, beau vieillard pas malade, les chiens en ont pitié, la violence est éloignée , une sorte de philosophe qui ignore ce qui se passe dans son dos, séparation par muret et flaque d’eau, sorte de Diogène

  

 Fedor_Bronnikov_1186.jpg

 

 

 

Fedor BRONNIKOV  1827 1902  peintre russe religieux

 Peinture 1886 

Cadre antique égyptien

Jeu sur l’opposition entre bas et haut, ce qui sera renversé à la fin de la parabole

En haut : la fête, couleurs, lumière, sons. En bas de l’escalier, Lazare abandonné, tombé mais pas misérable

L’enfant descend et le regarde, compassion ? aide ?

 

 

 

 

ter brugghen bordeaux.jpg

 

Hendrick TER BRUGGHEN  peintre hollandais 1588 1629   La Parabole du mauvais Riche et du pauvre Lazare,   Bordeaux, église Saint-Ferdinand  puis musée des Beaux arts

Monde clos et sombre, aucune richesse : au fond un homme mange un poisson donc loin des autres
Lazare maigre et nu, les chiens sont faméliques aussi, le serviteur écoute, il a de la compassion mais lui indique la sortie

Au fond une femme entend et se retourne

Nous sommes loin de la parabole, peinture pour un établissement caritatif de sa ville natale d’Utrecht. Scène de charité ?

 

 

Briton RIVIERE    1840 – 1920  peintre anglais d’origine huguenote , peintre animalier ParableLazarus Riviere britton.jpg

Gravure

Lazare a disparu , enroulé dans son manteau , il est chosifié, mort ou vivant, les chiens ne sont pas agressifs, il n’y a plus qu’eux pour s’en occuper, l’un hurle vers ses maîtres

 

 

 

 

 

 


 

 

LA PARABOLE COMPLETE

 


 

anoniem_lazarus_aureus_grt.jpg Enluminure anonyme  1035-1040   (31 × 22 cm) —Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg

 3 registres :  lecture de haut en bas donc ciel au centre

 Celle du haut montre un Lazare lépreux  donc qui reste devant la porte, le riche (famille sobre)  semble lui faire porter un bouillon !!

 Celle du centre : mort et arrivée au paradis avec Abraham et les arbres du jardin d’Eden

Celle du bas : mort du riche devant sa famille, son âme en enfer

Parallélisme entre Paradis et Enfer

 

 

 

 

 

 

 

Enluminure du Musée de la Haye

 mmw_10a11_016v_min.jpg

2 registres : la maison bourgeoise, famille et serviteurs à la mode, Lazare arrive avec sa crécelle, un serviteur le repousse

Scène du bas est plus intéressante car l’âme est présentée au jugement de Moïse qui vérifie la Loi,  c’est donc sur elle que se fait le jugement !

Le riche est conduit en enfer, et il clame pour que son frère soit prévenu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bible de  Julius Schnorr von Carolsfeld -

 

carlosfeld.jpg

 

Une belle composition avec inversion Gauche /Droite qui est temporelle

et Haut /Bas qui est spirituelle, le monde inversé

à noter la connotation antique romaine du riche qui boit entouré de femmes dénudées , celle du centre étant la charnière des 2 mondes

 

 

 

 

 

 


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Bernard ORLEY; Le dîner de l'homme riche, sa torture en enfer et Lazare dans le sein d'Abraham; 1521, huile sur bois;  diptyque 174 x 80 cm (chaque volet) ; Musées Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles

 

Les personnages des deux panneaux de ce retable, sont grands en bas, et rapetissent en allant vers le haut.

 

Le panneau de gauche se lit de bas en haut : un serviteur sortant de la maison découvre un homme qui meurt, alors que ses maîtres qui dînent  à l’intérieur ne s’aperçoivent de rien, deux anges emportent déjà l’âme du défunt au ciel.

Le panneau de droite est divisé en trois scènes plus indépendantes.  En haut on Lazare et Abraham  Au centre un malade agonise entre sa femme et son médecin, dans la maison où il festoyait sans doute tout à l’heure. En bas, dans l’obscurité, au milieu de bêtes immondes, un homme nu se tord de douleur

 

Les différentes scènes s’animent grâce aux regards croisés. Celui du serviteur se porte vers Lazare, dont les yeux vides se tournent vers son âme portée au ciel, ce double mouvement est complètement ignoré par le maître de la maison qui n’est préoccupé que par son repas. Sur le panneau de droite un autre regard part de l’âme du riche qui est en enfer et se tourne vers le ciel.  Ainsi les scènes du milieu des panneaux, le repas et la mort du riche, sont tenues à l’écart de ce qui est important, à savoir la relation à Dieu. 

Pour l’enfer le peintre a abandonné quelques éléments traditionnels au profit de la mimique du damné montrant sa bouche en feu, ce qui est particulièrement parlant. Les deux corps de Lazare à gauche et du riche à droite sont en parfaite symétrie, mais face au superbe corps d’athlète du riche, on pourrait s’attendre à un corps plus décharné pour le pauvre Lazare.

 

virtue.jpg

 

Le panneau présenté ici s’ouvre, le peintre, voulant associer Lazare et Job, a nommé l’ensemble :  « triptyque de la vertu de Patience », il est  ici fermé, il montre en s’ouvrant l’histoire de Job, l’homme qui  se rebelle contre l’ idée de rétribution qui semble triompher dans cette parabole

 

 

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 08:19

  Evangile selon Matthieu, Chapitre 25

1« Alors il en sera du Royaume des cieux comme de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent à la rencontre de l’époux. 2Cinq d’entre elles étaient insensées et cinq étaient avisées. 3En prenant leurs lampes, les filles insensées n’avaient pas emporté d’huile ; 4les filles avisées, elles, avaient pris, avec leurs lampes, de l’huile dans des fioles. 5Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. 6Au milieu de la nuit, un cri retentit : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” 7Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. 8Les insensées dirent aux avisées : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” 9Les avisées répondirent : “Certes pas, il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous ! Allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous.” 10Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva ; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et l’on ferma la porte. 11Finalement, arrivent à leur tour les autres jeunes filles, qui disent : “Seigneur, seigneur, ouvre-nous !” 12Mais il répondit : “En vérité, je vous le déclare, je ne vous connais pas.” 13Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.

 

 

APPROCHE MORALISATRICE

 

La Parabole est vue comme une valorisation de certains comportements pour entrer dans le Royaume des cieux et comme une condamnation des comportements qui en éloignent

 

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Peter Breughel l’ancien ; 1560, gravure de Philip Galle

 

La parabole est au fond, le Christ accueille à gauche, porte fermée à droite, la nudité des vierges renvoie à la parousie

1er plan : quels comportements préparent au Royaume ? le travail domestique à gauche, contre le jeu et la danse à droite

 

Galle Yohan.jpg

Cette autre gravure de la Renaissance, renvoie à un autre milieu social

Toujours la même construction mais cette fois Jésus leur apparaît directement

Les folles sont lascives et paresseuses, mais changement chez les sages qui sont tournées vers le savoir, et pas seulement religieux

 

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Francken le Jeune ; 1615 ; huile sur toile , 111 x 172, St Petersbourg Ermitage

 Même opposition entre la scène biblique en haut et le comportement des vierges

 A gauche musique, chant, intempérance, paresse, jeux, théâtre…

A droite discrétion et ordre de l’image : prière, lecture pieuse, travaux ménagers

 

bosse sages.jpg         bosse folles.jpg

 Abraham Bosse ; Suite de gravures Les Vierges sages et les Vierges folles, v. 1635 ; Eau-forte.

 Milieu social aristocratique mais pour des Protestants

D'une part, les Vierges sages devisant des choses célestes dans la sobriété et l'ordre de leur chambre, d'autre part, les Vierges folles se livrant à des conversations mondaines, jouant de la musique, se divertissant aux cartes, dans un salon coquet et désordonné.

 

LA PARABOLE RENVOIE AU JUGEMENT DERNIER

 

burne jones2.jpg

 

Burne Jones. 1859 , plume et encre 45 x 60, coll ; privée

 Gauche et droite : extérieur et intérieur, univers clos, pas de ciel

La maison du Sgr est une maison de bois, dont les eaux sortent, mais une forteresse difficile d’accès : pont levis, porte, palissade, toit avec fleurs

Les lampes ont disparu

Les folles sont pleines de désir mais elles sont séparées, désemparées

Les sages vivent le désir satisfait, l’amour partagé

Le Christ est sur le seuil : refus ? compassion ?

Le paon, image de salut est lui aussi à l’extérieur, monte à l’assaut

Cette œuvre est très inspirée par un manuscrit ancien

 

Rossano gospels , manuscrit codex avec miniature du 6e s. parchemin pourpre 25 x 30 cm, cathédrale de Rossano , Italie

 

08.Rossano_004.jpg

 

Les vierges folles: elles ont des robes colorées, seules 2 ont des lampes, 2 autres les réservoirs, une frappe à la porte. Jésus en robe or et bleu foncé, les regarde et parle. Les vierges sages sont toutes en blanc, les lampes brûlent. Elles sont au paradis avec son jardin et ses 4 fleuves dont la rencontre permet la croissance d’une jeune pousse près de Jésus

 

 

Cathédrale de Strasbourg, portail sud

 

strasbourg 2.jpg    strasbourg 1.jpg

 

Les vierges folles posent aux côtés du tentateur, jeune homme vêtu de l'habit de cour du XIIIe siècle, aux yeux striés de pattes d'oie, tenant dans sa main une pomme, et surtout au dos couvert de vipères et de crapauds - pour figurer Satan. Les sages, encadrent, rayonnantes, un Christ figuré à l'âge mûr avec un front dégarni.

 

 

Tintoretto_013.jpg

 

Tintoret ; huile sur toile, 1546, 80 x 97 Musée de Rotterdam

 L’extérieur d’un palais dont on voit l’intérieur

opposition bas et haut , la porte pour passer est fermée

les 10 vierges dialoguent, les folles sont revenues et ont rallumé leurs lampes

mais c’est trop tard car le festin est en cours, on voit l’époux en pleine lumière

 Ce n’est donc pas la lampe qui compte mais la disponibilité au bon moment

 

 

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Peter von Cornelius peintre du mouvement nazaréen, 1816

Huile sur toile, 115 x 150 ; musée Dusselforf

Il n’est plus question de noces

les portes du paradis s’ouvrent avec Pierre et David suivis d’autres saints

Le Christ de la Résurrection les accueille et est accueilli

 

les sages vont y entrer, un ange décrit la scène à 2 vierges en prière, rayonnantes d’amour, les 2 suivantes sont perplexes, mla dernière ne regarde que sa lampe

Au fond, en ville, les folles frappent chez le marchand

opposition lumière ténèbres, mais finalement les lampes jouent un rôle mineur, c’est la disponibilité qui compte

 

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James B. Janknegt, artiste texan né en 1953, peintre depuis 1982

La scène est renversée. Arrivée de l’époux , les sages l’accueillent avec leurs lampes, ce sont elles qui apportent la lumière, les folles se réveillent lentement devant la télévision. Les lampes torches et les piles entourent la scène

 

LES RELATIONS ENTRE LES VIERGES

 

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William Blake , 1822, aquarelle et gouache sur papier
Tate Gallery, Londres.

Le mauvais conseil des sages , elles sont bien droites toutes semblables, alors que les folles sont différenciées, ordre et désordre, chaos , au ciel retentit la trompette du jugement

 

 

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Karl von Piloty, 1826 1886, huile sur toile

Peinture grandiloquente, les sages qui ne le sont pas vraiment triomphent brutalement, les folles supplient, se désespèrent. Nous sommes loin d’un comportement moral ou religeux

 

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Charles Haslewood Shannon 1863 – 1937 ;

1919 huile sur toile

 Renversement complet, les sages consolent les folles et les aident, à partir ? où est l’époux ? la barque renvoie à la mort, au jugement

Bel exemple de compassion mais les différences de coiffure et de couleur des vêtements existent

 

 

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 Maurice Denis, 1870 - 1943

Le Verger des Vierges sages, 1893 Huile sur toile 195 x 114 cm

Les 5 vierges dans un jardin paradisiaque, ont retrouvé l’innocence première

 

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 15:35

 Ce récit se trouve dans les 4 évangiles mais il est particulièrement important chez Jean 18 et Luc 22

 

PERMANENCE DE LA REPRESENTATION  

 Annonce par le Christ du reniement à venir, le coq devient le symbole

 

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Catacombes et   Ravenne, basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf. Mosaïque du registre supérieur de la nef. 526-540.

 Ces images évoquent plus Jésus prédisant à Pierre sa trahison que le reniement lui même

 

Le reniement et la servante : elleest présente dans les 4 récits et joue le rôle principal


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  cath Naunbourg 13e.jpg

 A G Pierre se fait interpeller par une servante. Ravenne, basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf. Mosaïque du registre supérieur de la nef. 526-540. 

A D  le reniement de Pierre. Cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Naumbourg (Saale). Panneau du Jubé racontant la passion du Christ. Vers 1250.

 

Reniement renforcé par la proximité de Jésus

 

 

 

Simultanéité du jugement et du reniement  selon Jean 18,duccio.jpg

 Jésus devant Anne Duccio 
1308 tempera sur bois Maestà Sienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bening.jpgBening Simon C. 1525-30 Tempera and gold on parchment J. Paul Getty Museum, Los Angeles

On retrouve tous les éléments : servante, feu , soldats, coq, Jésus  que la servante rapproche de Pierre par son geste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Regard de Jésus dans l’évangile selon Luc  22,61 « le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit : « Avant que le coq ait chanté aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. »  

 

 

 

Noêl Coypel 1717 Musée des Beaux-Arts, RouenCoypel.jpg

Mise en scène dramatique : lumière –ténèbres ; torture- bien être ; Jésus est présent plus qu’il ne regarde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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James Joseph Jacques Tissot (1836–1902) : le troisième reniement de Pierre : le regard de Jésus   1886 – 1894. Aquarelle et mine de plomb e sur papier vélin gris, 

23 × 19,8 cm. New-York, Brooklyn Museum.

 

Même opposition lumière ombre, la servante désigne la faute comme le doigt de Dieu, Pierre voit Jésus qui le regarde

  

 

 

 

Les protagonistes Pierre servante, soldat

 

 Une scène de genre ?

 

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 Theodore Rombouts (1597-1637) peintre anversois attention il y a un néerlandais Gilles 30-72  entre 1620 et 1630 Vienne, Collection du prince de Liechtenstein

abandon du feu  , on trouve  une simple scène de tricheurs , Pierre est marginal mais le rapprochement pose la question : qui triche vraiment ?

 

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La Tour 1650 Musée des Beaux-Arts, Nantes

Le Reniement de saint Pierre
1650  Huile sur toile 135,2 x 175,6 cm

Encore une scène de genre mais cette fois ce sont les dés de la crucifixion ; Pierre est marginalisé mais il est demandeur plus que reniant, seul soldat de droite relie les 2 scènes

 

1 L’accusation scène large ou resserrée

 

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Le Caravage (Michelangelo Merisi, 1571-1610) : Le reniement de Pierre. 1610. Huile sur toile, 94 x 125 cm. New York, Shickman Gallery.

Gros plan, double jeu des mains, la lumière valorise servante qui est la vérité ; Pierre vu comme déniant par ses mains mais aussi comme se reconnaissant pécheur par le regard

 

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 Gerrit van Honthorst (1590-1656) : le reniement de Saint Pierre. 1622-24. Huile sur toile, 111 x 149 cm. Minneapolis Institute of Fine Arts.

Très comparable mais moins ramassé, la servante est le centre, la lumière, la candeur, mouvement des mains et des regards mettent en valeur la dénégation, mais le visage de Pierre n’exprime que surprise

 

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 Rembrandt van Rijn (1606-1669) : le reniement de Saint Pierre  ou Pierre dénonçant le Christ,  , 1660. Huile sur toile, 154 x 169 cm. Rijksmuseum, Amsterdam.

Vue plongeante, pacification de la scène par les casques posés ; lumière cachée et centrale.
 

Pierre apparaît en majesté, serein et plein d'assurance, mais au fond à droite  on aperçoit Jésus entouré de gardes, et Jésus se retourne et nous regarde. C'est dans ce dédoublement de la  scène entre Pierre illuminé et Jésus dans l'ombre, qu’apparaît vraiment la figure du reniement sur laquelle le Christ nous interroge.

 

  

2 La violence

 

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Mattia Preti ( 1613 – 1699) dit aussi il Cavaliere Calabrese  122 x 172 cm Musée des Beaux-Arts de Carcassonne

Vue plongeante, centralité, violence du soldat avec épée prête, les mains accusent , celle de Pierre est signe d’abandon, mise en parallèle avec torture de Jésus, l’un cède l’autre résiste

 

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Camillo Gavassetti Modène, 1596 ; Parme, 1630, huile  entre 1600-25 ; 127 x 150 Musée des Beaux-Arts, Nantes    

Bien loin du texte, violence extrême des soldats, la servante devient une femme dangereuse par son érotisme et qui pousse les soldats. Elle est une nouvelle Dalila, Pierre se protège comme Samson, or il est traditionnel de rapprocher Samson et le Christ, lui accepte l’épreuve, Pierre la refuse. Un peu compliqué

 

LES LARMES DE PIERRE

 

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 El Greco (1541-1614) 1580 Musée El Greco Tolède

 Saint Pierre, les yeux baignés de larmes, est au désert comme tous les pénitents. Il se tourne vers le ciel.

 À l'arrière-plan du tableau on voit le tombeau du Christ après la Résurrection, avec l'Ange assis sur son couvercle et une figure d'homme  identifiable avec celle de saint Pierre lui-même après la visite de la sépulture vide (Luc, 24; Jean, 20). Ce qui montre que Pierre a été pardonné


Le thème des larmes de saint Pierre renforce le rapprochement émotionnel entre le fidèle et l’image. Il est exploité par les théologiens et moralistes de la Contre-Réforme comme un élément de proximité envers les fidèles pour le sacrement de pénitence.

 

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Georges de la Tour (1593–1652) : Les larmes de saint Pierre  . 1645. Huile sur toile, 114 × 95 cm. Cleveland, Museum of art.

le cadrage est très serré: saint Pierre occupe presque tout l'espace du tableau, il est à l'étroit, comme prisonnier de l'angoisse qui le sert.  Georges de La Tour insiste sur son dénuement. Irving Lavin voit aussi dans ce coq une caricature de saint Pierre: tous les deux de profil, ils ont la même forme de tête. saint Pierre est assimilé à l'homme pécheur, le coq ayant une connotation très négative.

 Son regard, qui sort du tableau, semble fixer quelque chose de surnaturel que le peintre matérialise par une douce clartéCette lumière est surnaturelle, c'est celle de la miséricorde de Dieu: pour avoir avoué et regretté sa faute, Pierre ser

a pardonné

 

 

 

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Jusepe de Ribera 1588 -1652   coll privée 63 x 50 cm
Pierre invite le spectateur à la pénitence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Gérard  Seghers  Flandres 1624-29  Louvre 
Méditation et  abaissement

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Juan Bautista Maíno (1581-1649) Les larmes de saint Pierre Huile sur toile - Maino_Saint_Pierre.jpg141 x 109 cm
Collection particulière
 L’abaissement est très fort

 

 

 

 

 

 

dix.jpgOtto Dix 1960 Lithographie 

Le coq triomphant écrase Pierre qui se tient la tête

          

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 22:41

La scène est racontée par les évangélistes : Mt 26, 47-56 ; Mc 14, 43-52 ; Lc 22, 47-53 ; Jn 18, 1-11

 

 L’Arrestation du Christ au Jardin des Oliviers comporte un certains nombres de sous-scènes :

le jardin, la nuit, les Juifs et le baiser de Judas, les soldats et la violence, Pierre coupant l’oreille du serviteur 

giotto after restauration.jpg

GIOTTO Le baiser de Judas; ; 1304-06 fresque ; Chapelle des Scrovegni ; Padoue

L’ensemble peut paraître statique  mais ce sont les masses colorées qui rythment  le mouvement, alors que les personnages forment un bloc rectangulaire

 

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Fra Angelico,     L’arrestation du Christ;  C. 1450 fresque ; Museo di San Marco, Florence

 2 scènes connues au MA disparaissent ensuite

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L’oreille recollée par Jésus ;  Guillaume de Digulleville ; enluminure  vers 1400Paris - Bibl. de l'Institut de France - ms. 0009 f. 001-078v

     

 

Marseille - BM - ms. 0089 XVe soldats à terre IRHT_076638-p.jpg Les soldats renversés  Marseille - BM - ms. 0089 XVe soldats à terre  selon Jean 18, 6, une vraie théophanie quand Jésus dit « c’est moi » c'est-à-dire « je Suis » comme lors de la révélation à Moïse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA VIOLENCE DE L’ARRESTATION souligne l’attitude de Jésus

 

ALTDORFER, Albrecht L’arrestation du Christ;; 1509-16 huile sur bois ;  Augustiner Chorherrenstift, abbaye St. Florian près de Linz
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une vue plongeante , lumière étrange donnée par les reflets
masse anonyme noire et brillante et quelques personnages colorés mais Christ marginalisé. Le baiser a eu lieu, l’oreille été coupée, et c’est le serviteur qui est au 1er plan, est il le dernier miraculé du Christ (oreille recollée selon Luc) ou est ce lui qui voit l’avenir ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Giuseppe CESARI, dit Le Cavalier d’Arpin, L’Arrestation du Christ (détail) – vers 1596-1597 – Huile sur toile – Galerie Borghese, ROME

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Jésus est au centre, ses vêtements rouge et bleu, entouré des soldats qui viennent le capturer.  
 Pas de baiser de Judas, extrême violence de Pierre, et présence de l’homme nu selon Marc qui fuit la violence
 Solitude du Christ au milieu de cette foule d’une rare violence, il est extérieur à la scène qu’il domine

A droite  Judas qui s’enfuit sur la droite, avec le manteau jaune et le visage dans l’ombre, il tourne le dos (dans tous les sens du terme) à celui qui fut son Maître.

A gauche référence à  Marc : « Or, un jeune homme suivait Jésus ; il n’avait pour tout vêtement qu’un drap. On essaya de l’arrêter. Mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu » (Mc 14,51-52).

 

 

 

 

 

Giovanni Battista Castello dit Il Bergamasco (vers 1500/1509-1569), La capture du Christ ;   245 x 300 cm Gênes, Musei di Strada Nuova

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titre évocateur, une vraie saisie, annonce des  flagellations
double violence des soldats et de Pierre face à la victime Jésus  
douceur des couleurs s’oppose à violence gestuelle

 

 

 

 

 

 

 

 

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DÜRER, Albrecht Betrayal of Christ (No. 3) 1508  Engraving, 118 x 75 mm
Metropolitan Museum of Art, New York


Violence extrême  de Pierre, opposition avec le couple Jésus Judas et corde qui est au dessus de la tête de Jésus : violence physique d’une réaction, contre violence morale de la trahison ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE BAISER DE JUDAS

 


Le baiser de Judas est le centre de la scène. Chez les Juifs on baise la main du maître,en signe de respect  

en chrétienté  on « baise » beaucoup: les pieds, les anneaux, l’autel (baisement) les reliques… toujours signe de respect affection et soumission c’est pourquoi ce baiser est scandaleux il signifie soumission et affection  et est trahison

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Enluminures : baiser de Judas an 1100 Paris - Bibl. Mazarine - ms. 0364    et baiser de l’hommage 1400 la différence au niveau des mains

Giotto 1305 sur la bouche comme au MA le baiser de l’hommage du vassal à son seigneur,

 

 

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FRANCESCO CAIRO Le baiser de Judas. Peinture de (1607-1665).  Museo Diocesano di Milano.
 

 

 

 

 

 

 

 

Très vite (16e) le baiser entre humains prend signification sexuelle (surtout le verge) sauf en Russie d’où le remplacement par embrassade, accolade

L’arrestation du Christ; CARAVAGE ; C. 1598 huile sur toile ; Huile surcaravage 2.jpg

 

toile, 134 cm x 170 cm   National Gallery of Ireland, Dublin

 

 

 

 

 

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Thomas COUTURE  Le baiser de Judas;; huile sur toile ; collection privée

Au 19e attitudes convenues du Christ et des Juifs , Judas embrasse par derrière !

 

 

 

 

 

 

JUDAS ET JESUS


L’arrestation du Christ; CARAVAGE ; C. 1598 huile sur toile ; Huile sur toile, 134 cm x 170 cm   National Gallery of Ireland, Dublin

 

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L’histoire de ce tableau :  il fallut attendre l’année 1990 pour que ce tableau, commandé par la famille Mattei, soit retrouvé et identifié dans la maison des Jésuites de Leeson Street à Dublin.

Jésus, personnage principal, est placé sur l'extrémité gauche de la toile, comme repoussé par ceux qui viennent le capturer et par Judas 

Contrastes émotionnels :
La juxtaposition de ces deux têtes qu'unit le pan de vêtement rouge ; contraste entre la soumission du Christ, son immobilité, le jeu de ses mains qui montre sa soumission et la brutalité,  l'agitation du groupe qui l'entoure. Attitudes des figures placées aux extrémités de la toile : Terrorisé, un jeune homme s’enfuit en criant et en levant les bras vers le ciel. Son manteau qui, selon le passage des écrits de Marc et de Luc, lui a été arraché, est justement celui qui unit Jésus et Judas et oppose mouvement de peur et sérénité de Jésus A droite  un homme vêtu d’un manteau bleu et rouge tenant une lanterne à bout de bras, suit les soldats, il s’agit d’un autoportrait de l’artiste   

 

LE GUERCHIN  La trahison de Judas ;C. 1621 huile sur toile ; National Gallery, Londres

 

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Jésus essaie de regarder Judas dont le regard fuit vers le haut, vers la corde future couronne d’épines comme chez Durer.
Proposition de pardon de Jésus à Judas ?

 

Arcabas né 1926

 

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polyptique Passion – Résurrection 
  
Un temps préssenti pour orner la cathédrale de Bruxelles, le polyptyque "Passion-Résurrection" malheureusement trop grand, sera installé définitivement au lieu de pèlerinage de Montaigu (Scherpenheuvel), près de Louvain, en Belgique.
Matière : Huile sur toile, or fin 24 cts, bois
Dimensions : Longueur totale 18,22 m / hauteur 2,20 m   8 panneaux   

 

Baiser de Judas mais aussi des  yeux qui regardent vers Jésus et vers le ciel. Le baiser est matérialisé par de l’or qui chez le peintre est signe de grâce divine. A la question "Croyez-vous que Judas soit sauvé" le peintre répondra que cela fait partie de son espérance.

 

 

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